Compte rendu du Conseil National du 9 juillet 2008
Amphithéâtre Lecanuet, Siège du Mouvement Démocrate
17h00 – 19h00
François BAYROU ouvre la séance à 17h20 après avoir procédé à l’installation du Secrétariat permanent du Conseil National à qui il demande de bien vouloir établir, pour la prochaine session, un calendrier prévisionnel des Conseils Nationaux du Mouvement Démocrate.
Examen de la situation politique française
En introduction, le Président fait part au Conseil National de son analyse de la situation politique française, en insistant sur quatre évènements d’actualité : la publication des résultats budgétaires de l’Etat, la tension des relations entre l’exécutif et l’armée, la situation du service public de l’audiovisuel et les critiques émises contre les grévistes
La perspective des élections européennes de juin 2009 ouvre l’ère de la responsabilité pour le Mouvement Démocrate. Il s’agit d’offrir un sens nouveau à la construction européenne et de permettre à chaque citoyen de trouver sa place au sein d’un véritable projet de société.
Présentation du plan de campagne pour les élections parlementaires européennes
En introduction à sa présentation, Marielle de SARNEZ, vice-présidente en charge de la coordination et du projet européen, souligne qu’il revient au Mouvement Démocrate de repenser l’Europe et de faire vivre le projet d’une Europe démocrate avec des mots différents, nouveaux, rassembleurs.
Puis elle dresse la structure organisationnelle qu’elle propose de mettre en œuvre pour conduire la campagne :
15 comités de pilotage thématiques dont le cadrage définitif sera communiqué prochainement aux adhérents – les thématiques citées pour information sont :
o Identités et valeurs européennes
o Fonctionnement de l’Union européenne
o Union économique et monétaire
o Politique commerciale
o Politique sociale
o Politique agricole commune et pêche
o Politique régionale
o Politique des transports
o Développement durable
o Energie
o Education
o Sécurité et justice
o Défense et politique internationale
o Les jeunes européens
o Les citoyens communautaires (résidant en dehors de leur pays).
Un cahier des charges précis porté par chacun des comités de pilotage :
o Assurer et d’animer le lien avec les mouvements départementaux par des réunions de travail, la remontée des contributions, appuyée par un outil collaboratif (wiki), des rencontres régulières avec les citoyens ;
o Conduire des auditions d’experts, de leaders d’opinion, d’associations, d’élus ;
o Organiser une journée d’étude dédiée aux thématiques couvertes par le comité de pilotage (sur le même mode que la 1ère Convention pour l’Europe).
Un évènementiel de campagne de proximité avec la tenue de Cafés Démocrates Européens au sein de chaque commune et quartier ;
Une tournée des 27 pays de l’Union européenne ;
Une campagne d’incitation à l’inscription sur les listes électorales, ciblée sur les résidants communautaires (résidant en dehors de leurs pays) ;
Un programme de formation à l’Europe à destination des adhérents et ouvert à tous ;
Une tournée nationale de François BAYROU à raison de deux déplacements par semaine au sein des départements dans un objectif de rencontre et de dialogue avec les adhérents et les citoyens.
Jean-Marie VANLERENBERGHE, vice-président en charge de l’organisation, annonce que le modèle de maillage territorial développé au cours de la campagne présidentielle, va être repris à cette occasion et renforcé. Sa relance fera partie du cahier des charges des futurs mouvements départementaux à compter de leur formation démocratique.
Investitures aux élections sénatoriales
Conformément aux obligations statutaires, François BAYROU procède à l’examen détaillé de la situation par département :
Sur les trois sénateurs sortants en 2008, deux se présentent à nouveau aux suffrages : Monsieur Arnaud en Charente et Monsieur Nogrix en Ile et Vilaine ;
Au total, dix départements présentent à cette heure des candidatures solides en cours de finalisation : Allier, Aveyron, Charente, Corrèze, Côtes d’Armor, Finistère, Gironde, Ile et Vilaine, Indre, Indre et Loire ;
Cinq autres départements sont à l’étude : Alpes Maritimes, Bouches du Rhône, Gard, Guyane, Calvados ;
Enfin, six départements pourraient faire émerger des schémas au cours de l’été : Aisne, Ardennes, Cher, Eure, Haute-Garonne, Hérault.
Après discussion générale sur les différentes situations, François BAYROU propose la mise au vote d’une délégation de pouvoir du Conseil national au Bureau exécutif afin que celui-ci puisse clore les investitures dans le courant de l’été.
Le Conseil national vote la délégation de pouvoir au Bureau exécutif. 4 conseillers nationaux s’abstiennent. La délégation de pouvoir est adoptée à la majorité.
Présentation des Commissions Nationales du Mouvement Démocrate
Corine LEPAGE, vice-présidente en charge des commissions nationales du Mouvement Démocrate, annonce que le travail de structuration des Commissions est d’ores et déjà bien avancé.
Seize Commissions nationales sont créées :
o Economie et finances
o Social et emploi
o Santé
o Environnement
o Durabilité et énergie (incl. Transports)
o Education, recherche et innovation, nouvelles technologies
o Logement et cadres de vie (incl. Espaces urbains et ruraux)
o Institutions
o Justice et sécurité
o Immigration
o Défense
o Politique étrangère
o Média et communication
o Agriculture
o Culture et sports.
Les Commissions nationales sont ouvertes à tous les adhérents souhaitant y participer. Les modalités d’inscription seront précisées sous peu par une information spécifique.
En termes d’organisation du travail, Corine LEPAGE propose les éléments suivants :
Chaque Commission nationale est placée sous la responsabilité d’un Président et dispose d’un référent dédié au suivi de l’actualité ;
Chaque Commission nationale dispose d’un dispositif équivalent virtuel permettant à tous ceux qui ne peuvent physiquement se déplacer de participer pleinement aux travaux - le dispositif virtuel est placé sous la responsabilité d’un animateur dédié ;
Le travail d’une Commission nationale repose sur :
o Un travail thématique classique appuyé par une feuille de route, des livrables
o Une contribution à la transversalité de la réflexion
La transversalité est animée autour de cinq thématiques :
o Sortie du pétrole
o Institutions
o International
o Social
o Développement durable (économie, social, environnemental)
La première Commission nationale Economie et finances, placée sous la présidence de Jean PEYRELEVADE, vice-président en charge des questions économiques, est convoquée le 17 juillet à 19h00 au siège du Mouvement Démocrate.
Amendement au Règlement Intérieur National provisoire
Suites à de nombreuses sollicitations, le Président propose la mise en cohérence du Règlement Intérieur National par un amendement de forme visant à rendre les Conseillers nationaux membres de droit des Conseils départementaux (nb : les Conseillers nationaux sont d’ores et déjà membres de droit des Bureaux départementaux, induisant de facto leur appartenance aux Conseils départementaux).
Le Conseil national vote l’amendement au Règlement Intérieur National provisoire. L’amendement est adopté à l’unanimité.
Consultation nationale
Gilles ARTIGUES, médiateur national, fait part des nombreuses sollicitations d’adhérents pour obtenir le report de la date de clôture de la consultation proposée aux adhérents par François Bayrou au 17 juillet 2008.
Le Président soumet la proposition de reporter la clôture de la consultation au 17 juillet 2008 au vote du Conseil national. Le Conseil national vote la proposition à l’unanimité.
Eléments de planning à destination des Conseillers nationaux
a) Le prochain Conseil national se tiendra à l’occasion de l’Université d’été à Cap Esterel le 5 septembre 2008 ;
b) Le programme de formation des élus démarre au cours de l’Université d’été – pré-programme et bulletin d’inscription en pièce jointe à ce compte-rendu ;
c) La discussion sur la répartition budgétaire mouvement national / mouvements départementaux se tiendra dès après l’élection des représentants des Mouvements départementaux.
La séance est close à 19h00.
Compte-rendu du Conseil national du 8 juin 2008
- Conformément aux statuts, le conseil national s’est prononcé sur la stratégie à adopter pour les élections européennes de 2009. Le Mouvement Démocrate existe parce qu’il porte un projet de société différent des autres mouvements politiques. Cette originalité de notre projet, et en particulier du projet européen, justifie la présence de listes indépendantes aux élections européennes de 2009.
A l’unanimité, il a été décidé que le Mouvement démocrate présentera aux élections européennes de 2009 des listes autonomes pour un projet différent dans l’ensemble des circonscriptions.
- Il a tout approuvé la création par le Président du Mouvement démocrate de 6 vice-présidences et de fonctions de secrétaires nationaux du Mouvement démocrate (unanimité).
- Le Conseil a ensuite procédé à l’élection des membres du Comité de conciliation et de contrôle. Il a été proposé l’élection d’un CCC jusqu’au 31 décembre 2008. Devant le nombre de candidatures reçues, a également été décidée l’audition de l’ensemble des candidats dans la perspective de l’élection du CCC compétent à partir du 1er janvier 2009 (unanimité moins 8 voix contre).
- Sur proposition du Bureau exécutif, ont été élus membres du Comité de conciliation et de contrôle compétent jusqu’au 31 décembre 2008 : Philippe ARNAUD, Denis BADRE, Didier BARIANI, Fabienne FAURE, François FLORES, Olivier HENNO, Danielle JEANNE, François-Xavier de PERETTI et Claude RAMBAUD. Suppléants : Séverine de COMPREIGNAC, Kévin IZORCE, Agnès SINDOU-FAURIE (unanimité moins 9 voix contre et 5 abstentions).
- Gilles ARTIGUES a été élu Médiateur des adhérents (unanimité).
- Le Conseil a ensuite procédé à l’audition des candidats au poste de secrétaire du Conseil national, puis à leur élection au scrutin secret. Voici les résultats du scrutin :
Nombre de votants 151
Blancs et nuls 7
Suffrages exprimés : 144
Céline ALLEAUME 79 voix
Jean-Eric BRANAA 27 voix
Jérôme CHARRE 29 voix
Rémy DAILLET-WIEDEMANN 15 voix
Nadia FALFOUL 36 voix
Edith GUCCINI 53 voix
Roland MACHENAUD 37 voix
Christophe MADROLLE 59 voix
Jérôme SOURISSEAU 44 voix
Nathalie TOURNE 26 voix
Ont été proclamé élus : Céline ALLEAUME, Christophe MADROLLE et Edith GUCCINI.
- Le Conseil national a ensuite établi un calendrier pour la consultation des adhérents décidée par François Bayrou. Les textes devront être établis avant le 20 juin, pour diffusion aux adhérents dans la semaine qui suit. Le vote devra avoir lieu avant le 10 juillet. Le Comité de conciliation et de contrôle publiera les résultats de la consultation.
- En application de l’article 17 du règlement intérieur, le Conseil national a voté les 2 résolutions suivantes :
Résolution 1
Le Conseil national, dans sa réunion du 8 juin 2008, fixe au samedi 27 septembre 2008 la date des élections dans chaque département pour :
- la présidence départementale,
- le conseil départemental,
- la conférence nationale.
Le Conseil national confie au Comité de conciliation et de contrôle la coordination de ces élections.
Résolution 2
Le Conseil national, dans sa réunion du 8 juin 2008, fixe comme suit la procédure d’adoption des règlements intérieurs départementaux :
- Les instances départementales provisoires adoptent le règlement intérieur départemental avant le 30 juin 2008 ;
- Le règlement intérieur départemental est ensuite transmis au Comité de conciliation et de contrôle qui vérifie sa conformité au règlement intérieur national dans la semaine qui suit sa réception ;
- Les instances départementales provisoires peuvent saisir pour avis le comité de conciliation et de contrôle préalablement à l’adoption du règlement intérieur départemental.
Notre département des Pyrénées-Atlantiques était représenté par deux de nos conseillers Roland Machenaud et Augustin Olivar.
Réunion Salies de Béarn 30 mai 2008
de gauche à droite : Augustin Olivar, François Bayrou, Françoise Boulanger (de dos), Marie- Aude Lorgeoux, Jean Lassalle (de profil derrière Marie-Aude) et Geneviève Brisson (de profil)
Mouvement Démocrate - Fédération des Pyrénées-Atlantiques
Comme vous le savez, le Conseil national de notre mouvement s’est réuni le mercredi 14 Mai et s’est prononcé notamment sur son règlement intérieur. Tout est aujourd’hui en ordre pour mettre en place dans les meilleurs délais les instances régulières de notre département.
Pour parler de notre future organisation et des étapes de son installation, pour faire le point sur la situation politique du pays et sur celle du Mouvement Démocrate, enfin tout simplement pour se retrouver et partager un moment de débat et d’amitié, je vous propose que nous nous retrouvions, adhérents et sympathisants autour de François Bayrou :
le vendredi 30 Mai 2008 à 19 H 00
à l’Hôtel du Parc / Casino de Salies-de-Béarn
(Boulevard Saint-Guily)
Au terme de nos travaux (vers 21 H), nous pourrons prolonger nos discussions autour d’un solide buffet campagnard (participation : 5 euros par personne).
Philosophie du projet Démocrate par Sébastien Duguauguez
Je voudrais approfondir ici la doctrine de ce projet.
Tout d’abord, un diagnostic. Les philosophies politiques actuelles - de gauche comme de droite - reposent sur l’hypothèse rousseauiste du contrat social : l’intérêt général procéderait naturellement de la somme des intérêts particuliers de chacun des membres de la société. Cette conception serait encore valable si chaque individu n’avait qu’un seul intérêt particulier. Or, ce n’est plus le cas.
C’est la crise des intérêts particuliers qui est à l’origine de la crise politique et morale actuelle.
En effet, la difficulté des propositions politiques actuelles réside dans le fait qu’elles se trouvent confrontées à des incohérences majeures entre chacune des trois facettes des individus auxquels elles s’adressent : au citoyen, au consommateur et au travailleur. Chacun de ces termes est ici présenté au sens large :
- Je suis un citoyen, je suis un « régulateur » : un acteur social et politique, qui interagit avec ses semblables. J’aspire à la liberté et à la vie en communauté.
- Je suis un travailleur, je produis de « l’offre » que je sois salarié, indépendant ou entrepreneur. Cette activité, par ses revenus, détermine mon niveau de vie.
- Je suis un consommateur, je suis « la demande ». Cette activité, par l’utilisation de mes revenus, détermine mon mode de vie.
Du temps de Rousseau et de celui encore récent de la vie à la campagne, il était possible à chacun d’établir une cohérence entre ces trois natures. Au temps des usines cette convergence était encore palpable pour le prolétariat : elle a fait la réussite des thèses communistes.
Mais aujourd’hui, chacune de ces facettes qui nous compose est plus ou moins en conflit d’intérêts avec les autres. Ainsi par exemple :
- En tant que consommateur, je préfère les produits les moins chers – délocalisés - au risque de ma santé d’homme, de mon activité de travailleur ou à l’encontre de ma conscience de citoyen.
- En tant que travailleur je souhaite davantage de revenus, quand bien même ce revenu augmenterait les prix, et donc annulerait mon intérêt de consommateur. Alors le citoyen que je suis vote pour le parti qui lui promettra davantage de pouvoir d’achat à court terme soit par une hausse des salaires, soit par une baisse des impôts.
Et ce sont des organisations différentes – partis politiques, syndicats et associations ou labels de consommateurs – qui sont chargées de défendre ces différents intérêts. Mais, ces organisations revendiquent chacune leur indépendance alors que ces problématiques se trouvent indiscutablement liées en nous. Ces organisations n’apportent donc pas de vision cohérente. Le résultat c’est la désaffection et l’ironie vis-à-vis de la politique, la décrédibilisation du syndicalisme et la faiblesse des associations de consommateurs. Fleurissent alors des utopies réconciliatrices comme la vision de l’extrême gauche ou le fondamentalisme religieux.
Le réflexe classique est alors de se tourner vers l’Etat et d’attendre de lui qu’il résolve ce problème. Mais les partis politiques, de gauche et de droite, sont, comme je l’ai montré, impuissants à régler durablement ces questions puisque complices du problème.
Comment résoudre alors ce conflit d’intérêts qui mine nos sociétés et nos consciences ?
Il faut alors changer radicalement de concept philosophique : la somme des intérêts particuliers n’incarne plus l’intérêt général. Ce serait plutôt l’intérêt général qui unifierait nos intérêts particuliers. Ce retournement de conception, où l’intérêt général prime et détermine notre intérêt particulier, est la première révolution du projet qui se nomme aujourd’hui Démocrate ou Durable.
Mais ce projet porte également une seconde révolution, toute aussi essentielle.
D’autres théories politiques ont déjà essayé de proposer cette primauté de l’intérêt général. Elles ont généralement conduit à des totalitarismes, où l’individu était sommé de renoncer à sa liberté afin de subir, pour son bonheur, l’intérêt dit général. Notre projet est radicalement différent : il a fait son deuil d’imposer aux autres le bonheur. Il ne recherche que l’établissement d’un cadre épanouissant qui, en toute liberté, permette de concilier nos différentes aspirations a priori contradictoires.
Notre projet ne vise donc pas l’établissement de l’intérêt général par l’Etat ou par une forme quelconque d’organisation, mais par l’individu qui décide en premier lieu d’être exemplaire. C’est la seconde révolution.
C’est donc l’individu qui va confronter ses aspirations de consommateur, de travailleur et de citoyen à un intérêt général supérieur afin de modérer ou d’encourager certaines de ses aspirations et agir. Agir de façon responsable et autonome. Agir sans attendre l’Etat et la société, agir sans contester systématiquement, mais plutôt en commençant par être soi-même exemplaire. C’est toute l’aspiration au Développement Durable qui est ainsi expliquée par cette vision Démocrate de la politique.
En effet, ne rien attendre en premier lieu de l’Etat n’exclut pas l’action politique, au contraire. L’individu reconnaît que tous les moyens sont pertinents pour concilier ses intérêts, et l’action politique citoyenne en est une. Elle est même un devoir, car le renoncement individuel à une action politique est un des symptômes de la crise des conflits d’intérêts identifiée au départ. L’Etat, au lieu d’être un recours ou un garant, devient alors pour le citoyen un moyen, parmi d’autres, pour mettre en œuvre sa conception du monde.
Ainsi, le citoyen, le consommateur et le travailleur, enfin réunis et cohérents, trouveront dans cette règle de vie privilégiant l’intérêt général un cadre épanouissant.
Enfin, comment définir cet intérêt général supérieur ? Pour rester cohérent avec cette philosophie, il n’est pas raisonnable d’en donner une définition globale et définitive. C’est à chacun de le faire en conscience. Cependant l’intérêt général, c’est bien souvent de dépasser sa vision locale et court-termiste. C'est-à-dire de changer d’échelle en envisageant les questions dans un cadre géographique et temporel universel : à l’échelle du monde et à l’échelle des générations passées et futures. De là découlera la satisfaction de nos propres intérêts.
Le projet Démocrate, traduction politique du Développement Durable, se revendique donc de cette double révolution. Celle qui remet l’individu libre, responsable et exemplaire au cœur de la démocratie.
F. Bayrou : "J'ai besoin d'automoteurs"
Au "café démocrate" du 14 novembre à Paris
Le fondateur du MoDem était hier soir à L’Imprévu, au rendez-vous des Cafés démocrates organisés par les Jeunes libres. Les questions portaient sur le Mouvement qui va naître à la fin du mois ; souvent juridiques sur les statuts, mais aussi organisationnelles, humaines. Comment travailler ensemble, à des dizaines de milliers ? Une question déjà au cœur de l’atelier "internet" de Seignosse. François Bayrou répond : faites-le.
Question de Sébastien Dugauguez : On est venu au MoDem pour défendre des idées, aussi pour en produire. On les produit sur nos blogs, on essaye de les diffuser… on essaye d’envoyer des choses au siège, au mieux il n’y a pas de réponse, au pire ça passe pour de la sédition ! Comment on peut prolonger la rencontre de ce soir, pour que ce qu’on fait puisse s’agréger de façon constructive ?
François Bayrou : Il faut que je fasse appel à votre compréhension - et à votre engagement.
Internet, média séditieux… ou recherche d’un lien
La culture internet, pour vous c’est une culture naturelle, mais dans les générations précédentes, y compris immédiatement précédentes, c’est une culture acquise.
Or, comme je m’efforce de le faire comprendre à mes amis, Internet, c’est une culture éruptive.
Moi aussi, il m’a fallu du temps pour comprendre que, quand on se fait insulter dans un mail, ça veut pas dire forcément que celui qui a écrit le mail vous considère comme le dernier des derniers, ça veut dire que blam, il se lâche ! Vous lui répondez une phrase un peu ironique, un peu gentille, et une ouverture ? Le mail suivant est un mail d’amour !
J’ai mis un peu de temps pour arriver à [voir] ça, parce que moi aussi je suis bouillant, un petit peu gascon, vous aussi d’ailleurs puisque Dugauguez c’est un nom de là-bas : tout type qui m’insulte sur internet, d’abord, il m’écrit. On n’écrit jamais à quelqu’un qui est indifférent. Hein ? Quand vous écrivez à quelqu’un, y compris pour le traiter de tout, et Dieu sait que je peux vous donner des copies de mails où on me traite de TOUT, quand même [c’est] d’une certaine manière… la recherche d’un lien.
Simplement, au siège il y a peu de gens qui ont la culture internet spontanée. Donc, ils reçoivent un paquet de mer comme ça, ils sont un peu groggy, ils ont l’impression qu’on les met en cause, qu’on fait de la sédition comme vous dites, qu’on les attaque, qu’on les déstabilise. Il y a des générations, y compris immédiatement précédente à la vôtre, pour lesquelles les mots ont du poids, et quand ils reçoivent des mots violents ils ont l’impression d’une immense violence.
J’en parle presque tous les jours avec [Michel] Mercier pour essayer de lui faire comprendre… Il a l’impression que c’est un univers… de déstabilisation ! [Comprenez] ça, l’instrument est violent, c’est éruptif comme type de langage.
Comment faire travailler
ensemble 20000 personnes
Deuxième question : "Comment on peut apporter nos idées, notre créativité ?"
Il faut que vous m’aidiez à trouver la réponse. Pour l’instant, je ne sais pas comment on fait travailler ensemble 20000 personnes. Et sur les 60000 adhérents réels que nous sommes, il y en a peut-être 20000 qui veulent apporter des idées.
Imaginez qu’à un meeting politique 20000 personnes apportent une contribution ? personne ne peut les lire, 20000 contributions !
Autrefois j’ai eu 2 millions de réponses à une consultation, celle du "nouveau contrat pour l’école", vous n’étiez pas nés. Comment on fait pour lire, étudier 2 millions de réponses ? On fait des sondages, on prend une réponse sur cent,… ça fait 20000 réponses. Évidemment c’est très frustrant de ne prendre qu’une sur cent.
Donc, vous qui êtes des génies d’internet, des habitués à tout ça, des managers, des gens des ressources humaines, qui connaissez des, [je ne] sais pas quoi, les modèles participatifs, les systèmes…, vous allez m’aider à ça.
Mais moi tout seul je ne peux pas trouver la réponse, et le siège - le siège vous savez bien c’est 20 personnes en tout et pour tout sur lesquelles il y en a 3 qui font de l’administration, 2 pour la communication c’est-à-dire de répondre à la presse, il y en 4 ou 5 qui s’occupent du terrain et des fédérations, et pour répondre à tous ces interventions il y en a deux… Vous voyez les limites…
Donc il faut nous fournir des modèles clés en main.
Il ne suffit pas de dire :
"Je suis disponible"
Je suis prêt à utiliser tout le monde, mais je ne sais pas utiliser tout le monde. Et je ne suis pas sûr que vous sachiez tous non plus comment faire. Parce que depuis que je lance des appels pour qu’on me trouve des modèles, pour l’instant je n’ai pas eu de réponse absolue à tout ça !
Ça suffit pas de dire "on est compétents, utilisez-nous" !
Ce réseau de dizaines de milliers de personnes compétentes, et engagées, et nouvelles, c’est un trésor, c’est une mine, mais la mine il faut la mettre en exploitation, et je n’ai pas la capacité personnelle d’inventer seul ce réseau, la mise en exploitation de cette mine. Je sais pas si je me suis bien fait comprendre ? (oui, oui). C’est pas de [la] mauvaise volonté.
Quitterie Delmas : Je trouve que là-dessus il y effectivement un problème de ressources humaines, surtout, il y a des solutions de ressources humaines à trouver, il y a plein de gens experts, il y a plein d’idées qui sortent de partout, il y a moyen de l’organiser à partir du site lesdemocrates.fr, en demandant aux personnes qui sont compétentes sur tel ou tel domaine… de les fédérer, de les réunir…
François Bayrou : Mais écoutez, que les personnes compétentes se mettent en mouvement toutes seules !
J’ai besoin d’automoteurs, j’ai pas besoin de gens - enfin, évidemment je les aime beaucoup et tout,… mais il suffit pas de venir me voir en disant "je suis disponible". Tous ceux qui viennent me voir, il y en a eu encore cinq aujourd’hui qui avaient rendez-vous, qui disent "je suis disponible", je leur dis : "Dites-moi ce que vous savez et pouvez faire, et prenez les choses en main".
Texte basé sur l’enregistrement audio de la discussion
François Bayrou : Autoportrait en jeune militant, et en candiadat.
Interview exclusive pour France démocrate. Propos recueillis ce jeudi 6 décembre par Jacques Bugier et Frédéric Lefebvre-Naré.
Frédéric Lefebvre-Naré : Vous avez adhéré à un parti, en 1973 je crois, ce parti s’appelait le Centre démocrate. Qu’est-ce qui vous avait attiré vers ce parti ?François Bayrou : Il faut se souvenir de ce qu’était le début des années 70.
Le pompidolisme déjà épuisé, ou déjà en situation de crise.
En face, la toute neuve Union de la Gauche, avec un PC extrêmement fort : je rappelle qu’aux présidentielles de 1969, le PC a fait 23% des voix. Donc, un poids incroyable de… au fond, de l’acceptation soviétique. Et le choix de Mitterrand de faire ce qu’il avait déjà fait en 65 : l’alliance avec le PC.
Entre les deux, un gouffre qui appelait une réponse - que personne n’arrivait à trouver. Il y avait un tout petit mouvement entre les deux, qui s’appelait Les Réformateurs, avec deux leaders :
Jean-Jacques Servan-Schreiber, flamboyant, génial et décalé,
Jean Lecanuet, assez dévalorisé à cette époque. Injustement - mais huit années d’opposition au gaullisme l’avaient mis dans le coin du ring. Pour les gens, il y avait de la dérision quand on parlait de Lecanuet…
J’ai donc décidé d’aller là. Et entre les deux familles, la laïque et la chrétienne, je suis allé chez moi, c’est-à-dire dans la famille des démocrates d’inspiration chrétienne.
"Les gens qui m’ont ouvert la porte"
FrLN : Comment s’est passée votre adhésion à ce parti, concrètement ? Qu’est-ce qui vous a frappé à ce moment-là ?
Concrètement, c’est une chose formidable. Concrètement j’ai cherché dans l’annuaire, parce que je connaissais personne de cette famille politique.
Je suis allé sonner à la porte, les gens qui m’ont ouvert la porte sont toujours là avec moi. En particulier Jean-Marie Vanlerenberghe, qui est aujourd’hui sénateur-maire d’Arras et qui a été un compagnon de combat, pour moi, toute ma vie.
C’était très difficile, parce que dans ma section locale, à Pau, il n’y avait que 7 adhérents, 2 étaient avec moi (ça fait 3), et 4 étaient contre moi et refusaient les adhésions ! De sorte que j’ai mis deux ans à pouvoir me libérer un peu de cette contrainte-là.
J’apparaissais aux yeux de ceux qui étaient en place, comme un peu révolutionnaire pour l’époque. J’avais 22-23 ans. Une dame tout à fait engagée dans le mouvement - comme son mari et sa fille - disait : il ne peut pas faire de la politique avec nous, il porte des chaussettes rouges !. Ce cri, ou ce péché originel, initial, peut-être n’ai-je jamais cessé de le porter…
Défendre la justice et sauver la liberté
FrLN : Quels sont à Bordeaux et en Béarn, vos meilleurs souvenirs de ce parti, vos premières années de militant politique ?
Très vite, j’ai fait imprimer une affiche, qui doit être encore dans ma cave ou mon grenier. Elle disait : Le temps est venu de défendre la justice et de sauver la liberté. Eh bien, ce sont les deux pôles de ma vie. Je ne connais pas plus moderne. Ça devait être 76, automne 76, parce qu’on venait de créer le CDS.
Et au fond, ça me surprend (je parle souvent de ça avec ma femme) [d’avoir fait dès cette époque le même choix qu’aujourd’hui]. On n’avait pas lu tout ce qu’il aurait fallu lire, mais le jeune garçon que j’étais (déjà père de famille, parce que ma première fille est née quand nous avions 20 ans ! on a à cette époque deux bébés, l’un de 4 l’autre de 2 ans, deux petites filles, l’une et l’autre géniales, formidables de vie …)… avait un instinct. Comme les petits chats : ils ont les yeux fermés encore, mais ils vont dans la bonne direction en tout cas la direction qu’ils croient la plus juste. Nous avions ça.
Jacques Bugier : Je ne me souviens pas vous avoir entendu parler de M. Duhamel, le ministre, et de Progrès et Démocratie Moderne ?
C’est toujours la même histoire, n’est-ce pas. Jacques Duhamel et Joseph Fontanet ont fait en 69 le choix de Pompidou, entre les deux tours. Leur candidat arrive au deuxième tour, et ils passent de l’autre côté, entre les deux tours ! Vous voyez ce que je veux dire ?
J’ai rencontré Jacques Duhamel, mais très peu : très tôt après cet épisode il a été au gouvernement, et il a été frappé d’une sclérose en plaques. Il était très malade quand je l’ai croisé. En plus, la vie a été vraiment très très méchante avec lui, parce qu’il a perdu un fils que tout le monde dit très [brillant ?], dans un accident de voiture. Le malheur et la maladie …
Il était présent quand on a créé le CDS à Rennes [1], venu avec beaucoup de difficultés à se déplacer. Mais je n’ai jamais eu l’occasion de travailler avec lui. Pour moi, à cette époque-là il était du côté du gouvernement Pompidou, et moi déjà j’étais de l’autre côté.
FrLN : Vous venez de parler de Rennes. Plus généralement, quel serait votre meilleur souvenir des rassemblements nationaux des partis auxquels vous avez participé ?
Rennes ? J’ai même une photo quelque part où on est très jeunes, ma femme, moi, et un ami de toute ma jeunesse politique, qui s’appelait Pierre Letamendia, qui a été l’auteur du Que Sais-Je ? sur la démocratie chrétienne, professeur de sciences politiques, fraternel ami, originaire du Pays Basque bien qu’il ait passé sa jeunesse au Chili avec sa sœur, qui est la femme de Didier Borotra.
[Il] nous a fait un grand chagrin parce qu’il est mort brutalement, c’est toujours comme ça - c’est ma première sortie de Ministre de l’Éducation et de l’Enseignement Supérieur - je suis allé représenter le gouvernement aux obsèques de mon ami et frère. Et son fils vient de m’envoyer un mail - il est militant chez nous.
Rennes, c’est le premier congrès auquel j’assistais, ça a été un grand moment.
"Un oiseau politique"
Et puis après, j’étais à Pau !
Candidat aux législatives en 1978, manquant gagner,
Candidat aux législatives en 1981, naturellement battu,
Et élu aux cantonales en 1982 - je suis donc un jeune prof de 30 ans, devenu conseiller général. Le premier élu qui ne fût pas socialiste, dans une ville qui était complètement dirigée par André Labarrère, qui était un oiseau politique de première dimension, et ses amis.
FrLN : Sur le déroulement de ces premières campagnes, quel est, là aussi, votre meilleur souvenir, ou ce qui vous a le plus frappé de ce qu’est une bonne campagne ?
J’ai fait une bonne campagne pour être élu conseiller général, mais il y a maintenant 25 ans ! On ne va pas aller commenter la campagne !
On votait très peu en ville pour les conseils généraux, le réservoir de voix était en ville. En 1982, il y a beaucoup d’insatisfaction à l’égard du pouvoir qui vient de l’installer.
Avec beaucoup de sens précurseur, on a fait ce qu’on appelle du phoning, on a appelé les électeurs un par un pour qu’ils viennent voter. Et j’ai battu l’actuel maire de Pau, Yves Urieta, socialiste fabiusien soutenu aujourd’hui par Sarkozy.
JB : Et la découverte de : aller serrer la main des gens, faire les marchés, tout ça ?
C’est très difficile ! Je le dis pour ceux qui vont découvrir ça pour la première fois, c’est très difficile.
Parce que vous arrivez, vous êtes totalement inconnu, vous tendez la main - et la personne regarde la main en [se] disant : qu’est-ce que c’est que cet olibrius qui me tend la main ?
Alors de surcroît je me présentais, je disais "François Bayrou", le type disait "Très bien merci, et vous-même ?". Parce qu’il entendait "Comment allez-vous ?"
Et puis, [en 1978,] c’étaient les débuts de l’UDF, et tous les gens, inéluctablement, comprenaient "EDF" !
[La personne] ne comprenait pas qu’est-ce que c’était que ce type qui leur demandait des nouvelles de sa santé, venant de l’EDF…
JB : Cette campagne-là, vous avez quel âge ?
J’ai pas encore 27 ans…
"Rien ne me faisait peur"
JB : Vous êtes déjà passé au-delà des problèmes d’expression, ou de timidité, que vous avez évoqués ?
J’étais bègue mais bon ! j’étais plein de vie, plein d’envie de vivre… Il n’y a rien qui me faisait peur.
On est partis coller des affiches électorales, avec des bidons de lait de la ferme qu’on avait remplis de colle, on a failli être pulvérisés dans un accident de la route le premier jour, à la première minute, avant de coller la première affiche… On n’avait peur de rien.
J’ai rencontré à cette époque-là des amis formidables. J’ai rencontré celui qui est encore mon suppléant aujourd’hui, Pierre Menjucq : c’est un coup de foudre amical.
J’étais totalement inconnu, sans relations, sans étiquette, sans argent, et de surcroît bègue, ce qui compliquait un tout petit peu le tableau.
Il était conseiller général, jeune médecin, connu de tout le monde parce que sa famille était une famille de commerçants en vins, donc son nom était le plus connu qu’on puisse rencontrer… conseiller régional… Tout le monde faisait la queue autour de chez lui pour qu’il se présente à cette élection, et il le méritait.
Et moi, militant de rien, dans la naïveté incroyable de l’enfance presque, de la jeunesse en tout cas, je me suis dit "il me faut un suppléant qui soit connu, et lui… c’est Monsieur Menjucq qu’il me faudrait comme suppléant". Je suis donc allé sonner à sa porte, et je lui ai dit : "Monsieur, je viens vous voir parce que je veux me présenter à cette élection, et je pense que ce serait mieux si vous étiez mon suppléant". Il a regardé ce jeune homme, et il a dit "Oui".
Ça a suscité une éruption de la part de son père, personnalité très forte, de la part de sa femme… et il m’a dit "oui". Et c’est un coup de foudre qui ne s’est pas démenti en une seule fois en 30 ans.
Je dois avouer pour être honnête que j’étais inconnu, mais j’étais déjà éditorialiste dans le journal local, depuis 2-3 ans : les gens qui s’intéressaient à ça lisaient mon édito. Ça me donnait non pas une notoriété, mais quelque chose d’un tout petit peu repérable dans le paysage.
"Cette affaire de destin…"
JB : Cette toute première campagne, c’est seulement pour être député, ou vous vous dites déjà dans un coin de la tête… ?
J’entends toutes ces bêtises qui cherchent à être blessantes, autour de cette affaire de "destin"…
J’ai toujours cru que nous avions, vous, moi, un destin - ou plus exactement, que si on ne vit pas sa vie comme un destin, comme quelque chose qui sort de la banalité ordinaire, vous ratez votre vie. Une vie c’est une œuvre - quelque chose qu’il faut penser projeter, j’allais presque dire dans l’éternité. Au moment où vous allez mourir, il faut que vous regardiez votre vie, en disant "C’était pas trop mal. C’était intéressant".
Je l’ai toujours vécu comme ça. Je n’ai jamais pensé que je faisais de la politique uniquement pour avoir un mandat, mais pour servir quelque chose de grand. Qui peut être la vie des gens qui vous entourent, c’est grand ! Qui peut être le destin du pays. L’un et l’autre, le haut et le bas sont liés.
Mes amis sont étonnés de la passion que je mets à la vie quotidienne dans une ville comme Pau. Ils pensaient que je ferais cette campagne, bon … en trouvant que c’était un peu pesant. Il se trouve que ça me passionne ! Parce que c’est la même chose, le haut et le bas, la vie des gens de tous les jours, l’éducation de tous les jours, la circulation de tous les jours, la technique … c’est la même chose qu’un projet de société. L’un est dans l’autre, le grand est dans le petit.
J’ai toujours vu loin, je n’ai jamais été arrêté par le risque de me casser la figure, je n’ai jamais cessé d’y croire, je n’ai jamais cessé de croire que nous servions à quelque chose.
JB : Ces Cercles Citoyens, j’aurais bien aimé en voir, que vous animiez et animez toujours dans votre circonscription…
Il faut venir ! Les premiers vendredis de chaque mois. Demain soir par exemple !
JB : … Votre meilleur souvenir ?
C’est pas ça, c’est comme la vie de famille. Est-ce que vous avez un souvenir de table familiale ? Non, c’est… le dimanche, on est ensemble. C’est dans la régularité qu’est le bon souvenir. Tous les premiers vendredis sans exception, depuis des années, j’anime un espèce de forum où les gens viennent sans rendez-vous, parler de ce qui les intéresse, s’interroger, demander des choses… Voilà !
JB : Ça ne s’appelle pas la démocratie participative ?
Je n’aime pas les mots d’énarques.
LETTRE OUVERTE AU MOUVEMENT DÉMOCRATE
Depuis le congrès de Villepinte, nous sommes nombreux à avoir demandé activement la mise en place du bureau provisoire 64 du Mouvement Démocrate. 3 jours avant Noël ce sera chose faite : il se réunit pour la première fois demain matin. Il sera consacré à la désignation des candidats à l'élection du Conseil National, à la mise en place d'une commission d'investiture pour les élections et au calendrier de mise en place des instances régulières: conseil départemental, bureau, président...
Pour composer ce bureau provisoire, une règle du jeu (proposée par le délégué départemental) a été validée par F. Bayrou (Pdt de la fédé 64) en début de semaine. Les élus UDF, les candidats aux législatives ainsi que les délégués UDF des 6 circonscriptions continueront à sièger. 4 représentants des adhérents directs MoDem à désigner par circonscription les rejoindront. (Un adhérent direct MoDem étant un adhérent qui a pris sa carte du Mouvement Démocrate.)
L'enjeu est symbolique pour le Mouvement Démocrate à double titre : nous sommes le département de F. Bayrou et c'est la première occasion donnée aux adhérents directs MoDem d'être intégrés dans les instances de ce département où les élus et les responsables UDF sont si bien ancrés.
LE MOUVEMENT DEMOCRATE EN QUELQUES CHIFFRES
ADHERENTS
Le MoDem revendique 70.000 adhérents. Les 32.000 encartés de l'UDF sont devenus automatiquement adhérents du nouveau parti ce week-end. S'y ajoutent 45.000 personnes ayant adhéré au MoDem depuis l'élection présidentielle. Selon Eric Azière, chargé des élections, 10% des sympathisants sont adhérents aux deux formations. Deux partis ont adhéré au MoDem en tant que personnes morales, l'UDF -dont l'existence juridique a été maintenue pour une période transitoire de trois ans- et Cap 21 de l'écologiste Corinne Lepage.
ELUS
François Bayrou ne dispose plus de groupe à l'Assemblée nationale depuis les dernières législatives. Trois députés seulement sont encartés MoDem: M. Bayrou lui-même, Jean Lassalle (Pyrénées-Atlantiques) et Abdoulatifou Aly (Mayotte). Vingt-sept des 30 sénateurs du groupe Union centriste ont adhéré au MoDem, ainsi que la plupart des 11 députés européens UDF. Le Modem compte quatre présidents de conseils généraux, Jean Arthuis (Mayenne), Michel Mercier (Rhône), Jean-Jacques Lasserre (Pyrénées-Atlantiques) et Joseph Kerguéris (Morbihan) et "700 à 800 maires", selon M. Azière.
BUDGET
L'UDF avait touché en 2006 autour de 4,6 millions d'euros au titre du financement public des partis politiques. Le MoDem disposera d'un budget "globalement identique", selon Jacqueline Gourault, sénatrice du Loir-et-Cher. Les 535 candidats MoDem ont obtenu 1.981.121 voix au premier tour des législatives, ce qui rapportera mécaniquement un peu plus de trois millions d'euros par an au parti. Le reste du financement est proportionnel au nombre de députés et sénateurs.LISTE DU BUREAU EXÉCUTIF NATIONAL PROVISOIRE ET DES DÉLÉGUÉS NATIONAUX
BUREAU EXECUTIF NATIONAL PROVISOIRE
Abdoulatifou Aly
député de Mayotte
Philippe Arnaud
sénateur de Charente
Jean Arthuis
sénateur de Mayenne
Gilles Artigues
Eric Azière conseiller de Paris
Denis Badré sénateur des Hauts de Seine
Didier Bariani conseiller de Paris
Jean Luc Bennahmias député européen
Anne Marie Comparini
Eric Delhaye
Yves Detraigne sénateur de la Marne
Véronique Fayet conseillère régionale d’Aquitaine
Françoise Ferat sénateur de la Marne
Jacqueline Gourault sénateur du Loir et Cher
Nathalie Griesbeck députée européen
Olivier Henno Maire de Saint André lez Lille
Jean Jacques Jegou sénateur de Val de Marne
Bruno Joncour Maire de Saint Brieuc
Anne Laperrouze députée européen
Jean Lassalle député des Pyrénées Atlantiques
Bernard Lehideux député européen
Corinne Lepage
Michel Mercier sénateur du Rhône
Catherine Morin-Desailly sénateur de Seine Maritime
Philippe Nogrix sénateur d’Ille et Vilaine
Jean Peyrelevade
Marielle de Sarnez députée européen
Jean Marie Vanlerenberghe sénateur du Pas de Calais
DELEGUES NATIONAUX
Céline Alléaume
Quitterie Delmas
Fabienne Faure
Marc Fesneau
Christophe Madrolle
Patrick Mignola
Pierre Emmanuel Portheret (animateur et coordonnateur)
Raymond Pronier
Pour des listes "3R" au Conseil National du MoDem - article e-soutiens de S. Dugauguez le 04.12.2007
"Rassemblement, Renouvellement, Refondation démocratique"
l'appel de François Bayrou lors du Congrès
Nous avons été passionnés par le Congrès fondateur du MoDem.
Nous sommes convaincus que le Mouvement Démocrate incarne l’avenir de la démocratie française et européenne.
Mais, même si nous en comprenons les motivations, nous avons été un peu frustrés par le mode de discussion des amendements et du choix des premiers membres du Bureau Exécutif. Cependant, nous ne voulons pas critiquer sans but et dénigrer les efforts considérables qui ont déjà été faits. Nous voulons continuer à construire notre mouvement et aller toujours plus loin dans la démocratie interne en préservant l'efficacité.
Nous voulons donc que s'incarne l'appel de François Bayrou à construire autour des "3R" : Rassemblement, Renouvellement et Refondation démocratique. Nous voulons insuffler ces 3R au coeur de notre mouvement et être force de proposition. Nous voulons être représentés au Conseil National.
Nous souhaitons donc que se constituent dans chaque région des listes 3R qui porteront notre idéal de représentativité réelle du peuple des adhérents, notre idéal de démocratie interne, notre idéal de formation des militants, notre idéal de transparence !
Nous ne voulons surtout pas nous opposer à nos dirigeants, car sur le fond et le projet de société nous sommes d'accord, mais leur proposer un moyen pour que les attentes des militants de base soient relayées et satisfaites afin d’assurer un nouvel élan à notre mouvement !
Répondons à l’appel d’R de François Bayrou !
BAYROU : centriste révolutionnaire recherche pied sur terre. article de marianne2.fr du 02.12.07
Sorti du complexe de persécution vis-à-vis des médias, François Bayrou a ébauché ce week-end une nouvelle « révolution centriste » pour son parti.
Face à un PS qui, selon lui, « n'a pas un discours compréhensible », Bayrou semble s'être converti au « centrisme révolutionnaire » de Jean-François Kahn. Evitant le « ni droite, ni gauche », le président du Modem développe un argumentaire ambitieux de « nouvelles fractures et de nouveaux clivages », où il souhaite qu'à la logique de « développement économique », se substitue celle de « développement humain ». Ce qui occasionne quelques entorses à la ligne libérale traditionnelle du mouvement, comme une opposition franche à l'assouplissement de la législation sur le travail le dimanche : « je pense d'abord aux vendeuses », argumente-t-il.ƒ
Et d'intégrer son parti à un mouvement plus global d'autres partis démocrates européens qui adoptent une même conception de la modernité combinant démocratie participative (notamment en interne), renouvellement de la citoyenneté et développement durable. Progrès notable depuis la présidentielle : François Bayrou a élargi son discours. Il s'appuie désormais sur ses militants, et non plus seulement sur les élus, pour relayer cette nouvelle « bonne parole ».
Si ce corpus constitue le socle de la candidature Bayrou il paraît un peu étroit pour appuyer un travail d'opposition crédible vis-à-vis de Sarkozy. Pire, sur les points censés faire la spécificité du Modem (renouvellement de l'implication des citoyens et développement durable) pas de proposition concrète. L'absence de position claire sur des questions d'actualité comme le pouvoir d'achat, le coût des énergies, l'euro fort ou les banlieues, confirme la plus grosse faiblesse de l'opposant Bayrou : là où Sarkozy trouve à se prononcer sur tout, son discours est séduisant mais trop déconnecté de la réalité présente.
La fin du complexe de l'homme trahi ?
La « personnalité » du président du Modem séduit cependant toujours autant son auditoire, malgré quelques critiques sur la longueur « castriste » des trois discours du week-end. La meilleure pirouette du Béarnais a sans doute été la réponse faite aux médias qui en faisait l'archétype de « l'homme trahi ». Le patron du Modem a compris que la dénonciation des félons ne faisait pas un politique. Ainsi Thierry Benoît, député Modem démissionnaire du congrès, s'est-il vu remercier par Jean Lassalle d'avoir expliqué sa décision ! Tandis que Gilles Lartigues a reçu une salve d'applaudissements quand il a expliqué combien il avait été sollicité par l'UMP à Saint-Etienne sans jamais céder. Conséquence inattendue de l'ouverture : ceux qui restent au Modem deviennent de vrais héros ! Soit la situation à peu près inverse de celle du PS !
Or il s'agit de regagner au plus vite une visibilité, sans quoi tout le projet du Modem, aussi ambitieux soit-il, pourrait bien sombrer corps et bien avant 2012, le réel objectif du nouveau parti. Une course de fond où il faudra rattraper l'avance prise par Sarkozy.
Bayrou tourne la page de l'UDF car "il faut changer pour vivre" -30/11/2007 - 08h22
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Le président du MoDem François Bayrou, le 8 novembre 2007 à Lyon © AFP |
A la veille du congrès fondateur du MoDem, samedi et dimanche, les quelque 1.500 participants à un congrès extraordinaire de l'UDF, réunis à Villepinte, ont voté à main levée à la quasi-unanimité.
M. Bayrou a compté 36 votes contre et huit abstentions.
"Je n'ai rien oublié de ce que nous avons vécu ensemble. Mais il faut changer pour vivre", a déclaré le "troisième homme" de la présidentielle, qui espère toujours "briser le mur de verre" entre la droite à la gauche.
"J'ai aimé l'UDF. Mais je suis obligé de vous dire ceci: c'est une forme politique du passé", a-t-il poursuivi en évoquant "l'image usée" de l'UDF, associée à "la copie, le décalque, en plus modéré mais aussi en plus fade, du RPR devenu l'UMP".
La naissance du MoDem, qui revendique entre 50.000 et 60.000 adhérents, "n'est pas qu'un changement de forme, c'est un changement de fond", a promis M. Bayrou. "Nous portons un autre projet politique et un autre projet de société que celui que défendent l'UMP et le PS".
"Je suis persuadé que les hommes et les femmes qui croient à une société de justice, à la créativité économique, au citoyen responsable, à l'indépendance de notre pays et au besoin d'Europe, sont majoritaires en France", a poursuivi M. Bayrou. Ces "démocrates", il faut "qu'il puissent se rassembler".
Déserté par de nombreux élus centristes ayant préféré se rallier à la majorité présidentielle depuis six mois, le député des Pyrénées-Atlantiques a reconnu que la construction de son nouveau parti était compliquée.
"Comme toujours dans les naissances, ça se fait avec des contractions, des moments difficiles à vivre", a-t-il reconnu devant la presse.
L'un des quatre députés UDF-MoDem, Thierry Benoit (Ille-et-Vilaine) a d'ailleurs confirmé qu'il ne rejoindrait pas le MoDem. "Nos chemins se séparent, au moins temporairement", a-t-il dit.
A partir de ce week-end, naissance officielle de la nouvelle formation qui comprend le parti écologiste Cap 21 de Corinne Lepage et d'ex-Verts comme le député européen Jean-Luc Bennahmias, le MoDem assumera toutes les responsabilités politiques.
Ses statuts doivent être adoptés samedi et M. Bayrou, seul candidat, être élu à la présidence.
Pendant une période transitoire de trois ans, l'UDF, "membre fondateur" du MoDem, conservera une existence juridique afin de préserver son nom et son patrimoine.
Si les participants étaient majoritairement acquis à M. Bayrou, certains laissaient percer leurs inquiétudes, comme Béatrice Alirol du Val-de-Marne, militante UDF depuis 1983, qui a confié à l'AFP craindre un changement "brutal", estimant que "les gens ne savent plus où ils habitent".
D'autres n'étaient carrément "pas d'accord" avec la création du MoDem. "Nous sommes venus voter contre avec mon mari, et nous rentrerons +Nouveau Centre+", a affirmé Claude Boca, adhérente depuis six ans, en allusion au parti des anciens UDF ralliés à la majorité présidentielle.
Interrogé dans la matinée, en marge de la présentation à Paris des archives de sa présidence, Valéry Giscard d'Estaing, fondateur de l'UDF en 1978, avait pour sa part refusé de commenter la naissance du MoDem, se contentant de dire: "l'UDF a été un grand parti de l'Europe jusqu'en 1985-86. Ca manque".
VILLEPINTE - L'UDF vote son intégration au MoDem - NouvelObs.com - 30.11.2007 -15h21
Avant la tenue ce week-end du congrès extraordinaire du MoDem, les adhérents de l'UDF réunis en congrès extraordinaire doivent voter l'intégration du parti dans la nouvelle formation centriste.

François Bayrou, président du Mouvement démocrate (c) AFP
Ce congrès est prévu en deux temps: vendredi, les adhérents de l'UDF réunis en congrès extraordinaire voteront l'intégration du parti centriste dans le MoDem. Force constitutive du nouveau parti avec le mouvement Cap 21 de Corinne Lepage, l'UDF gardera son existence juridique. Puis se tiendra samedi et dimanche le congrès fondateur du nouveau parti.
4.000 inscrits
En date de jeudi après-midi, 4.000 participants étaient inscrits, dont 2.000 adhérents de l'UDF. Quelque 6.000 militants sont attendus samedi et dimanche sur les quelque 70.000 adhérents revendiqués par le nouveau parti (32.000 adhérents UDF et 45.000 MoDem, moins les doubles adhésions). Le dernier congrès de l'UDF avait réuni 2.500 militants en janvier 2006 à Lyon.
François Bayrou compte sur cette démonstration de ferveur militante pour montrer qu'il n'est pas esseulé, après le départ au printemps de la quasi-totalité des députés UDF vers le Nouveau centre et celui cette semaine du député européen Jean-Marie Cavada, tête de liste UMP dans le XIIe arrondissement de Paris. Un débauchage en échange d'une promesse de ministère, a accusé le président du MoDem.
Objectif 2012
Le Béarnais, qui a vécu la même situation en 2002, affirme ne pas être affecté par cette "solitude" par rapport à des "notables". Car son objectif est ailleurs: la présidentielle de 2012.
Le "troisième homme" de 2007 a la foi: son "courant démocrate" sera demain "majoritaire" dans le pays. "Un jour, ce peuple, notre peuple, s'éveillera", prédit-il cette semaine dans Le Nouvel Observateur. "Il y a dans notre pays un malaise qui chemine à bas bruit".
Fidèle à sa ligne d'indépendance par rapport au "duopole" UMP-PS, François Bayrou mise sur l'échec du président français, incarnation de "l'argent roi" et de la "superconcentration des pouvoirs", et sur la déliquescence d'un Parti socialiste qui "n'est plus un espoir pour personne".
L'ambition de Bayrou dénoncée par les anciens alliés
Il compte sur les municipales de mars pour reconstituer son réseau d'élus. Si des candidats MoDem ont déjà été investis dans une centaine de villes de plus de 10.000 habitants, peu d'entre eux ont une chance de l'emporter: François Bayrou lui-même à Pau et quelques maires sortants.
Pour ses anciens amis, qui ont lancé cette semaine une offensive anti-Bayrou, la cause est entendue. "Le MoDem est une formation créée pour l'ambition d'un homme", dénonce le ministre de la Défense et président du Nouveau centre Hervé Morin. "François Bayrou maintenant est un allié objectif de l'opposition", estime l'ancien ministre Gilles de Robien.
Critiques internes
Ces attaques n'ébranlent pas les fidèles de François Bayrou. "On s'occupe de nous, c'est bien la preuve qu'on existe", réplique Jacqueline Gourault, sénatrice du Loir-et-Cher. "Tout cela est une organisation parfaitement huilée pour nous déstabiliser".
Mais d'autres voix s'élèvent en interne pour critiquer le manque de démocratie des instances du nouveau parti. Si le président, la conférence nationale et le bureau national seront élus par les militants, les 30 membres du comité exécutif seront nommés par le président.
"Ces statuts consacrent la présidentialisation déjà à l'oeuvre au sein de l'UDF", critique le sénateur Jean Arthuis, qui se rendra vendredi à Villepinte pour demander une "gouvernance moderne et démocratique", avec "des réunions précédées d'un ordre du jour et suivies de compte-rendus des décisions prises". Une critique à laquelle Jacqueline Gourault répond que "tous les adhérents ont pu participer à l'élaboration des statuts en déposant des amendements". (Avec AP)
BAYROU et le Congrés de Villepinte - Article paru dans Lemonde.fr du 29.11.07
ar Elizabeth Pineau PARIS (Reuters) - Le Mouvement démocrate (MoDem) tient ce week-end près de Paris, à Villepinte (Seine-Saint-Denis), son congrès fondateur autour d'un François Bayrou très seul, moins de huit mois après sa troisième place au premier tour de l'élection présidentielle.
Environ 6.000 personnes - 2.000 pour l'UDF, 4.000 pour le MoDem - sont attendues à partir de vendredi après-midi au parc des expositions où François Bayrou devrait prononcer trois discours : un sur la fin de l'UDF, créée il y a 30 ans, un deuxième à l'ouverture du congrès du MoDem et un troisième, dimanche, en tant que président élu de son nouveau parti.
Le député béarnais est pour l'instant le seul à briguer ce poste "mais d'autres candidatures peuvent survenir", précise son service de presse.A moins d'une semaine de ce rendez-vous, le camp Bayrou a subi la désertion de l'un de ses derniers fidèles, le député européen Jean-Marie Cavada. L'ancien animateur de télévision conduira la liste UMP dans le XIIe arrondissement de Paris, aux côtés de la ministre de l'Economie, Christine Lagarde.
Jean-Marie Cavada a expliqué au Figaro avoir épuisé "tous les recours de la loyauté" envers François Bayrou. "En France, et depuis trop longtemps", lui a répliqué François Bayrou sur France Inter, "on vit avec ce genre d'attitude qui consiste à aller, hélas, se vendre au plus offrant".
Pour la députée européenne Marielle de Sarnez, "le départ de Cavada prouve simplement que Nicolas Sarkozy et l'UMP sont déterminés à tout faire pour empêcher la création d'un grand parti démocrate, libre et indépendant".
A cette défection viennent s'ajouter les réticences du député d'Ille-et-Vilaine Thierry Benoit, l'un des quatre UDF-MoDem élus en juin, qui ne souhaite pas adhérer au MoDem.
Malgré un score de 18,6% au premier tour de la présidentielle, François Bayrou n'a pu empêcher la fuite de la plupart de ses fidèles, le ministre de la Défense Hervé Morin en tête, vers le Nouveau Centre rallié à Nicolas Sarkozy.
Le NC a fait élire 22 députés au Palais-Bourbon, contre quatre seulement, dont François Bayrou lui-même, côté MoDem.
"IL DEMEURE TRÈS POPULAIRE, C'EST SA FORCE"
A défaut d'être un parti d'élus, le MoDem veut être un parti de militants fondé sur l'une des idées-phares de François Bayrou : la fin du clivage droite-gauche.
Un postulat en partie vidé de sa substance par la politique d'ouverture menée par Nicolas Sarkozy, même si François Bayrou accuse le chef de l'Etat de visées politiciennes.
François Miquet-Marty, de l'institut de sondages LH2, estime que François Bayrou "aurait pu être l'homme de l'ouverture, c'est plutôt Nicolas Sarkozy qui a joué le rôle. Il aurait pu être l'homme de l'opposition, ce n'est pas vraiment le cas. Il aurait pu être l'homme du rassemblement, il n'a pas empêché les défections".
Lors d'un forum en septembre dans les Landes, François Bayrou s'était fixé comme objectif de faire passer le nombre de nouveaux adhérents au MoDem, "parti libre, indépendant et constructif", de 45.000 à 100.000 en 18 mois. Un objectif qui reste d'actualité, dit son entourage.
Premier test pour le tout nouveau parti : les élections municipales de mars prochain, pour lesquelles une centaine de candidats ont pour l'instant été investis.
"Le MoDem aborde les municipales dans une situation fragile", estime François Miquet-Marty. "Beaucoup de candidats et peu d'élus : c'est le scénario vers lequel on se dirige".
Le MoDem présentera des candidats dans tous les arrondissements de Paris, où Marielle de Sarnez briguera l'Hôtel de ville. François Bayrou est candidat à Pau (Pyrénées-Atlantiques).
Au-delà de ce rendez-vous, l'objectif de l'élu centriste - "son obsession", disent ses détracteurs - demeure la prochaine élection présidentielle.
"Pour croire en François Bayrou, il faut attendre 2012, ce n'est pas très fédérateur", note François Miquet-Marty, pour qui l'élu aura néanmoins une carte à jouer si l'Elysée défaille.
"Il demeure très populaire, c'est sa force, tout comme sa sincérité, sa proximité avec les gens et sa facilité à tenir un discours critique vis-à-vis des élites", estime-t-il.
"Sur les questions de paix sociale et de pouvoir d'achat, François Bayrou a une capacité de rebond, mais le levier de ce succès serait une fragilisation de Nicolas Sarkozy", ajoute le politologue.
BAYROU : quand le peuple s'éveillera... (article le Nouvel Observateurs du Jeudi 29 Nov. 2007)
François Bayrou. - Il ne s'agit pas d'ambitions, mais de détermination. Les Français cherchent un choix politique nouveau, une alternative réaliste et humaniste. Et ce choix politique leur est pour l'instant refusé. Je veux construire ce choix nouveau. A la fois un projet de société et un système de valeurs. Au fond, je n'ai cessé d'être frappé - aujourd'hui encore et j'allais dire plus que jamais - par le fait que les deux propositions politiques qui tiennent le haut du pavé et qui verrouillent le régime sont inadaptées aux attentes de nos concitoyens et aux intérêts de la France.
N. O. - Toujours votre dénonciation du duopole UMP-PS !
F. Bayrou. - Si ce duopole faisait émerger des idées justes, je m'y inscrirais. Mais les deux idéologies sont régressives.
N. O. - Pourquoi ?
F. Bayrou. - Nicolas Sarkozy, pour la première fois dans l'histoire de la République, a conduit la droite française à faire un choix de société qu'elle avait toujours refusé : la glorification du modèle de société américain, celui qui domine actuellement la mondialisation. L'argent roi, la notoriété comme fausse valeur, les citoyens regardés seulement comme des cibles de communication. Si l'on y ajoute la superconcentration des pouvoirs, on obtient là encore un retour en arrière, la vision d'une France où tout se règle au sommet, à Paris, à l'Elysée. Régression. Enfin l'alignement de la France sur Washington, version Bush, tourne la page sur l'indépendance de la France, garante de l'indépendance de l'Europe.
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F. Bayrou. - Beaucoup de Français, en leur for intérieur, partagent ces craintes. Les gaullistes par exemple. Ils le savent, mais ne l'expriment pas. Les réponses de la gauche, et plus particulièrement du PS, ne sont pas davantage adaptées puisqu'elles découlent toutes de l'idée que la résolution des problèmes du pays, de la société passe d'abord, avant tout et toujours par l'Etat. Et cela n'est ni vrai, ni juste, ni possible. L'Etat ne peut régir dans tous les aspects de sa vie un pays moderne, et le pourrait-il qu'il n'en a plus les moyens.
N. O. - Mais qui vous dit que ces deux propositions politiques dominantes ne répondent pas aux aspirations profondes des Français ?
F. Bayrou. - Près de 20% des Français ont dit lors du premier tour de l'élection présidentielle qu'ils attendaient un autre choix. De plus en plus nombreux, ils formeront un courant démocrate, nouveau, fort, cohérent et, demain j'espère, majoritaire. On ne fera pas adopter à la France républicaine, avec son aspiration à l'égalité réelle, le modèle d'inégalité croissante qui domine le monde. Songez qu'aux Etats-Unis, depuis dix ans, tout le pouvoir d'achat supplémentaire est intégralement capté par le haut de la pyramide sociale. Et dans le même pays, par l'effet de la pression migratoire, le prix du travail réel a baissé pendant la même période. Je ne crois pas davantage que la France puisse avoir comme seul moteur de sa grandeur le besoin d'enrichissement individuel. Je connais les forces vives de notre pays, je connais les enseignants, les chercheurs, les créateurs culturels. Ce modèle-là, ils ne l'accepteront pas. Et personne ne s'en remettra plus à l'Etat tout-puissant ! Quand je pense la France, je dis : société de justice croissante, société de responsabilité partagée, société de partenariat. Tout cela dessine un modèle alternatif et crédible.
N. O. - Depuis six mois, vous avez eu le temps d'observer et de réfléchir. Rien n'est venu troubler ou affiner votre diagnostic de la campagne présidentielle ?
F. Bayrou. - Pour l'essentiel, je crois que le diagnostic était juste. Un pouvoir politique, quel qu'il soit, se caractérise par son système de valeurs. Or je conteste celui qui s'est installé le 6 mai dernier avec l'élection de Nicolas Sarkozy. Cela ne signifie pas que ponctuellement - ou accidentellement ! - il n'y ait pas eu telle décision ou telle action que j'approuve. Mais l'essentiel n'est pas là. C'est le modèle de société vers lequel il nous conduit qui est en cause. Je le craignais lorsque j'ai refusé d'appeler à voter pour Nicolas Sarkozy au second tour de la présidentielle. C'est pourquoi j'ai pris le risque de le dire, comme un acte fondateur.
N. O. - Pour vous, aucune surprise, donc aucun regret ?
F. Bayrou. - S'il y a surprise, elle est dans l'excès d'un certain nombre de dérives. J'avais analysé par exemple la collusion des pouvoirs politique, économique et médiatique dont Nicolas Sarkozy me semblait être l'organisateur ou l'instrument. J'avoue que, pour autant, je n'avais pas imaginé la nuit du Fouquet's, le yacht de Bolloré, le jeu de chaises musicales qui organise, dans les médias, depuis quelques mois la mainmise d'un réseau de connivences sur une grande part de l'information.
N. O.-Naïveté ?
F. Bayrou. - Lucidité au contraire. Mais on croit toujours que ces logiques pourront être stoppées...
N. O. - Est-ce durable ?
F. Bayrou. - Un peuple, c'est une histoire, une mémoire, un inconscient. Cela ne se résume pas à des images que l'on zappe dans un poste de télévision. On croit les Français blasés ou indifférents, et puis on découvre un jour qu'ils ont tout observé, tout analysé, tout retenu. Pour l'instant, tout cela s'accumule et sédimente. Et puis un jour ce peuple, notre peuple, s'éveillera.
N. O. - C'est votre pronostic ? A quel terme ?
F. Bayrou. - En politique comme dans la vie, c'est toujours plus long qu'on ne l'espère et plus court qu'on ne le craint.
N. O. - Grèves, manifestations en tout genre, montée du mécontentement : les événements de ces derniers jours sont-ils annonciateurs d'une crise plus forte ?
F. Bayrou. - Les promesses mirobolantes du printemps ne sont pas au rendez- vous de l'automne et ne pouvaient pas y être. C'est aussi simple que ça. Le pouvoir d'achat régresse, la croissance est aux abonnés absents, les déficits se creusent. Il y a dans notre pays un malaise qui chemine à bas bruit et qui trouvera sa vraie portée lorsque les Français découvriront qu'après avoir laissé filer la dette le pouvoir va être contraint de serrer brutalement la vis.
N. O. - Vous ne croyez pas à la capacité du PS de capitaliser cette colère ?
F. Bayrou. - Le PS, c'est un remarquable réseau d'élus qu'il faut savoir respecter. Mais ce n'est plus un espoir pour personne. Qui croit encore que le socialisme, au sens propre du mot, soit la solution aux difficultés que traverse la France ? Qui imagine qu'on puisse relever notre pays dans une démarche à la fois étatique et collective ? Les trois quarts des dirigeants du PS ne sont plus socialistes, et c'est bien là leur drame. Ils récitent un catéchisme qu'ils savent hors d'âge. S'ils osaient dire ce qu'ils pensent vraiment, on aurait bien des surprises. Les fractures idéologiques s'effacent. Beaucoup de leurs électeurs, en tout cas, l'ont parfaitement compris, et ce n'est qu'un début.
N. O. - Reste qu'individuellement ce n'est pas votre parti, le MoDem, qui attire les ralliements. Beaucoup de vos amis sont restés dans l'orbite de l'UMP et manifestement ce n'est pas terminé. Il suffit de voir le ralliement de Cavada...
F. Bayrou. - Les hommes sont fascinés par le pouvoir, celui qu'on leur donne, ou celui qu'on leur fait miroiter. C'est une faiblesse de plus en plus répandue, on l'a vu ces derniers mois dans nos rangs aussi bien que dans ceux du PS. Il serait pourtant vain de s'arrêter à cette cause superficielle. On croit que c'est le vent qui fait tomber les branches. On se trompe. Les branches tombent parce qu'elles sont mortes. Il faut donc chercher la cause ailleurs, en amont. En vérité, ce sont nos institutions, dans leur dérive, qui poussent à la servilité. On ne peut s'y affirmer que par le fait du prince. C'est lui qui distribue toutes les faveurs. Comment, lorsqu'on est un jeune homme ou une jeune femme politique, s'y faire entendre, se révéler, en dehors des cercles de pouvoir, ou du premier cercle de l'opposition ? Donc, il faut abdiquer son esprit critique, apprendre à mettre ses billes sur la case d'un futur patron. Tout cela ne pousse pas à l'indépendance d'esprit.
N. O. - Votre raisonnement n'est-il pas un peu fataliste ?
F. Bayrou. - Je demande simplement des institutions qui poussent au caractère, à l'indépendance d'esprit, au goût de la liberté. Autrement dit, il faut un Parlement, il faut pouvoir se faire élire sur ses idées et non pas sur la soumission aux gouvernants. Il faut pouvoir résister aux grandes vagues. Si l'on ne change pas les institutions, rien ne changera. Pour satisfaire le prince dont tout dépend, il y aura toujours des faibles et des opportunistes.
N. O. - Les propositions du comité Balladur ne desserrent-elles pas le système que vous dénoncez ?
F. Bayrou. - Je l'espérais, et pour tout dire je le croyais. Mais en dehors de quelques changements sur le fonctionnement du Parlement, pour l'essentiel, c'est-à-dire le lien de dépendance du Parlement par rapport à l'exécutif, aucun changement réel n'est proposé.
N. O. - Que pouvez-vous faire dans ce contexte ?
F. Bayrou. - Il faut faire lever une génération des responsables politiques au sein d'une formation dotée d'une identité claire, d'une doctrine cohérente, d'un projet de société et d'une ambition durable. C'est cela, le but du Mouvement démocrate.
N. O. - Le MoDem, c'est l'UDF en mieux ?
F. Bayrou. - L'UDF ne regardait que sur sa droite, et c'était son handicap. Le MoDem, lui, s'installe dans une position d'indépendance, donc de liberté. C'est toute la différence. On le verra dès nos premiers combats qui sont municipaux. Ce ne sont pas les plus simples. Mais c'est le début d'une longue marche.
N. O. - Rendez-vous donc à la présidentielle de 2012...
F. Bayrou. - Non, rendez- vous tout au long de ces quatre années. Bien des événements se produiront qui donneront aux esprits libres l'occasion de se faire entendre. Même si, dans le système tel qu'il est, le vrai changement passe en effet par l'élection majeure.
François Bazin
Le Nouvel Observateur
Article paru dans Nouvelobs.com du Lundi 26 novembre
par Julien Fretel,
sociologue, professeur à Sciences Po Lille, spécialiste du centre
- Ce n'est pas le signe d'un échec de sa stratégie d'autonomie, mais d'un échec dans l'organisation du parti. François Bayrou et Marielle de Sarnez passent leur temps à faire et refaire les mêmes erreurs. Ils privilégient avant tout ce qui brille. Pour eux, c'est un avertissement, et cela montre que l'UDF-MoDem est un parti-passoire.
Jean-Marie Cavada est monté très rapidement dans la direction de l'UDF-MoDem. L'ancien président de Radio France est devenu député européen en très peu de temps, sans culture de parti ni loyauté particulière vis-à-vis d'une formation dans laquelle il est arrivé par le haut.
François Bayrou et Marielle de Sarnez passent leur temps à recruter des notables économiques et médiatiques, puis ils s'étonnent de les voir se tourner vers plus offrant. Christian Blanc, par exemple (ancien président d'Air France), a lui aussi quitté l'UDF-MoDem. Et si l'acteur Vincent Lindon, qui a soutenu François Bayrou durant la présidentielle, le voulait, il pourrait très bien être tête de liste dans un arrondissement parisien Paris. Sans garanties sur ce qu'il ferait ensuite.
Alors pourquoi François Bayrou ne tient-il pas ses troupes ? C'est parce qu'il ne sait pas former ses militants. Le paradoxe, c'est que l'un des enjeux du congrès fondateur du MoDem, qui a lieu le week-end prochain, est justement le rapport entre les militants et les élus. On le voit sur les blogs: les nouveaux adhérents réclament des statuts qui garantissent la démocratie interne. Ils sont demandeurs d'une clarification.
Le mode de scrutin peut également jouer. François Bayrou a bien sûr moins de problèmes avec ses élus pour les élections européennes et régionales, qui sont à la proportionnelle. Mais c'est surtout un cas d'école de sciences politiques. On peut opposer les partis de masse, où c'est par le travail militant qu'on devient un élu, aux partis de notables, avec des élus qui ne doivent rien à leur parti.
Marielle de Sarnez peut-elle encore espérer peser dans le duel entre Bertrand Delanoë et Françoise de Panafieu ?
- Elle le peut encore. L'UDF-MoDem a tendance à sous-estimer ses forces. On a vu lors des élections législatives que ce parti est capable de faire de bons scores, même sans personnalités. Donc je ne pense pas que le départ de Jean-Marie Cavada casse la dynamique interne du mouvement.
Jean-Marie Cavada est-il capable de faire basculer le XIIe arrondissement ?
- Le XIIe est un arrondissement clé pour gagner les élections. C'est pour cela que Jean-Marie Cavada a sans doute beaucoup obtenu de l'UMP. Il a d'ailleurs reconnu à demi-mots que Nicolas Sarkozy lui a fait des propositions.
Mais il n'est pas du tout évident que l'identité de Jean-Marie Cavada aide beaucoup l'UMP à gagner. C'est un centriste qui a fait la campagne présidentielle de François Bayrou. Il peut être considéré comme un traitre à la fois à droite et au centre. Et, à quelques mois des élections, tout cela fait petite cuisine électorale.
